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L'épave du "Nahoon"

L'histoire du "Nahoon" aurait bien pu s'arrêter là, au fond de la baie de Fort de France, abandonné de ses nouveaux propriétaires. Ce sera le Comité Régional Martinique de Plongée (COREMA) qui lui offrira la chance d'avoir une troisème vie.

La recherche

Dans les années 90, le COREMA (Comité Régional Martinique de Plongée) est à la recherche d'un bateau suffisamment grand, qui, une fois immergé, pourra servir de récif artificiel et de site de plongée. La "Fougueuse", un bateau de la Marine Nationale, basé au Fort Saint Louis à Fort de France, doit être désarmé. Le COREMA se rapproche des autorités militaires pour négocier et prendre en charge ce navire et réaliser son projet. Il se voit opposer un refus.

Les Affaires Maritimes, connaissant le projet et le refus des militaires, suggère au COREMA de s'intéresser au "Nahoon". Abandonné au fond de la baie, il est devenu un point de rendez-vous de gens peu fréquentables. Les Affaires Maritimes, les douanes et les services de police, ne peuvent qu’appuyer le projet du COREMA.

La reconversion

Prêt pour l'immersion
Prêt pour l'immersion

Après de longues démarches auprès des autorités compétentes, le COREMA est autorisé à réaliser son projet. Le "Nahoon" est dépollué : élimination des huiles moteur, nettoyage des soutes et démontage des aménagements intérieurs.

L'immersion

Pendant l'immersion
L'immersion du Nahoon

Le 2 octobre 1993, il est remorqué au large de l'Anse Dufour, dans la baie de Fort de France, les vannes de fond de cales sont ouvertes et c'est avec beaucoup d'émotion que les personnes présentes voient le bateau sombrer lentement.

Il se pose bien à plat sur le fond de sable environ 35 m plus bas. Seul un des trois mâts à souffert de l'immersion, le "Nahoon" est à nouveau prêt pour sa nouvelle vie.

Pari gagné

Colonisation de l'epave
Colonisation de l'epave du Nahoon

Très rapidement, il devient un site incontournable pour les plongeurs de Martinique et d'ailleurs, venus profiter de la clémence de l'île. Mais, surtout et le plus important, le COREMA ne s'est pas trompé, le "Nahoon" a été colonisé très rapidement par toutes sortes de coraux, d'éponges et par une grande variété de poissons, dont un beau barracuda qui en assure le gardiennage.

Fin 1999, le cyclone Leny, passe au nord de la Guadeloupe, engendrant une houle très forte qui déferle sur la côte "Caraïbe" de la Martinique, endommageant un second mât.

Le jeudi 29 novembre 2007, un séisme d'une amplitude de 7,3 secoue la Martinique, renseignements pris auprès des clubs de plongée, le "NAHOON" n'en a pas souffert.

En 2010, une très forte houle entre dans la baie et a raison du deuxième mât.

Victime de son succès, on ne compte plus les plongeurs qui se sont fait photographier à la barre du "Nahoon". Ce qui devait arriver est arrivé, elle a fini par rendre l’âme. Heureusement, des plongeurs ont pris les choses en mains, en mai 2011, la barre est à nouveau à poste. Aujourd’hui,

Le "Nahoon" garde fière allure et si vous avez l'occasion de lui rendre visite, faite le avec respect, afin que pendant longtemps encore nous puissions admirer ce bateau qui ne veut pas mourir.

Si l'épave du "Nahoon" est là pour de nombreuses anneés, il n'en est pas de même pour nous, pauvres humains, Henry est décédé en Nouvelle Zélande en avril 2017 et Yannick son épouse l'avait précédée en novembre 2015