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Le baliseur Quinette de Rochemont

C’est pour assurer la maintenance et le ravitaillement du phare de Cordouan, qu'en 1838 une chaloupe est affectée au service du balisage en Gironde, une première en France. Jugée trop faible, l'embarcation sera remplacée par une plus forte en 1852. Puis on construira, à Nantes, chez Jollet et Babin, une chaloupe à vapeur de 18 m, le "Brémontier." Lui succéderont, les "Eclaireur de la Gironde I et II " (1882 - 1895), puis le "Quinette de Rochemont", en 1911.

Naissance du Quinette de Rochemont

En 1909, le Service des Phares et Balises lança un concours pour la construction d’un nouveau baliseur. Le contrat fut attribué en 1910 aux Chantiers et Ateliers de la Loire pour un montant de 258 000 francs. Le navire fut baptisé "Quinette de Rochemont" en hommage à un ancien directeur du service. Mis à l’eau en 1911, il entra en service à Royan et remplaça l’"Éclaireur de la Gironde".

Le baliseur Quinette de Rochemont en cale sèche à Bordeaux en 1911
Le Quinette de Rochemont en cale sèche à Bordeaux (1911).

Premières années (1912-1919)

Dès 1912, le "Quinette de Rochemont" connut son premier incident : il s’échoua sur la plage de la Conche après une tempête, sans dommage majeur. En 1915, il participa courageusement au sauvetage du vapeur "Bordeaux", torpillé par un sous-marin allemand. En 1919, il eut l’honneur de transporter le président Raymond Poincaré pour l’inauguration du monument de la Pointe de Grave.

Entre-deux-guerres : un service exemplaire (1920-1939)

Durant les années 1920 et 1930, le navire multiplia les missions de balisage et de secours en Gironde. Il connut plusieurs réparations et quelques incidents, sans gravité. En 1922, deux hommes perdirent la vie lors d’une relève au phare de Cordouan, rappelant les dangers du métier. En 1930, un matelot fut décoré pour avoir sauvé un enfant de la noyade à Royan. En 1934, le baliseur fut transféré au Havre pour le service de la Seine.

Le baliseur
Le "Masoala" en attente du départ vers Madagascar.

La guerre et la refonte (1939-1952)

Réquisitionné par la Kriegsmarine en 1940, le "Quinette de Rochemont" servit sous pavillon allemand. Retrouvé après la Libération, il fut remis en état et modernisé. Prévu d’abord pour Madagascar sous le nom "Masoala", il fut finalement affecté aux Antilles. Ses chaudières furent remplacées par des moteurs diesel, et ses installations entièrement rénovées. En avril 1952, il quitta Le Havre et arriva à Pointe-à-Pitre en mai de la même année.

Sous les tropiques : le "Caraïbe" (1952-1959)

Affecté aux Antilles, le navire assura le balisage de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane. En 1957, il prit le nom de "Caraïbe". Il poursuivit sa mission dans les eaux tropicales, souvent éprouvantes, mais resta un pilier du Service des Phares et Balises jusqu’à la fin des années 1950.

Le déclin et la fin de carrière (1960-1966)

Après plus d’un demi-siècle de service, le "Caraïbe" fut désarmé en 1963. Plusieurs parlementaires dénoncèrent alors l’absence de remplaçant et les risques pour la navigation. Le navire fut finalement remplacé par la "Frégate", puis le "Galibi" et le "Marius Moutet". Vendu pour la ferraille, il fut néanmoins partiellement épargné après le passage du cyclone Inés en 1966. Au passage du cyclone Inés en 1966, il rompt ses amares et s'échoue au milieu de la baie de Pointe à Pitre et fût vendu pour la ferraille.

Son histoire aurait pu s’arrêter là si le destin n’avait pas mis Henry Wakelam sur sa route pour lui donner une seconde vie.


 ➤ Suite de la saga du Quinette de Rochemont.